Tesla arrive sur le marché indien au second semestre 2025
Les Etats-Unis, la Chine et l’Europe (30 pays = UE + Royaume-Uni + Suisse + Norvège) sont les trois principaux marchés de la marque américaine de voitures 100% électriques Tesla, rejoints en 2025 par la Turquie qui a en acheté 12 320 unités au cours des six premiers mois de l’année, ce qui laisse espérer un volume de ventes de 25 000 unités sur l’ensemble de l’année. Mais Inovev table plutôt sur 50 000 ventes en raison d’une montée en cadences lente mais progressive de la marque Tesla en Turquie (les ventes en juin 2025 ont ainsi atteint 7 235 unités). Ce chiffre s’il était atteint représenterait un volume d’un pays européen comme la France ou l’Angleterre, ce qui était inespéré il y a encore un an.
 
Au second semestre 2025, Tesla a décidé d’investir un nouveau marché, il s’agit du marché indien, le quatrième marché mondial, derrière la Chine, les Etats-Unis et l’Europe (30 pays). Mais un marché encore peu friand de voitures 100% électriques.
 
L’Inde n’a en effet acheté que 2,7% de voitures 100% électriques en 2024, soit 110 000 unités environ. Mais d’après tous les experts, ce marché semble offrir des opportunités de croissance dans la catégorie des voitures 100% électriques.
 
Sur le marché indien, Tesla sera situé sur le segment Premium compte tenu de ses prix relativement élevés (70 000 à 80 000 dollars l’unité) et de son positionnement dans le segment D avec ses Model 3 et Model Y, dans un pays qui achète surtout des voitures des segments A et B. Dans ce contexte, le constructeur américain table sur 2 000 ventes annuelles entre 2026 et 2030. En 2030, les experts s’attendent à ce que le marché indien représente 1,1 million de véhicules 100% électriques en 2030, toutes marques confondues.
Malgré l’aide de Renault, Mitsubishi ne parvient pas à se relancer en Europe
Le constructeur japonais Mitsubishi, qui tend à se détacher progressivement de son actionnaire principal Nissan (qui se débat dans d’inextricables difficultés financières), avait décidé il y a trois ans de relancer ses ventes sur le marché européen (30 pays = UE + Royaume-Uni + Suisse + Norvège), après y avoir perdu beaucoup d’influence entre 2000 et 2022, passant de 200 000 à 50 000 ventes sur ce marché, perdant ainsi 75% de ses ventes en 22 ans. A l’époque, Mitsubishi s’était même interrogé sur son retrait d’Europe.
(Voir Auto Analyse 2021-09-7 du 19/04/2021).
 
Comme moyen de se relancer sur le marché européen, Mitsubishi pensa que commercialiser des modèles Renault rebadgés était une solution rapide et peu coûteuse. Les modèles choisis étaient initialement les Renault Clio (berline de segment B) et Captur (SUV de segment B) vendues sous  les appellations Mitsubishi Colt et Mitsubishi ASX, deux appellations traditionnelles chez le constructeur japonais. Ces deux modèles ont commencé leur carrière à partir du second semestre 2023.
 
Ces deux modèles ont contribué à ce que les ventes de Mitsubishi en Europe passent de 40 000 unités en 2023 à 60 000 en 2024, mais selon Inovev et d’après les chiffres de ventes enregistrés durant le premier semestre 2025, ces ventes n’atteindront pas le volume observé en 2024 sur l’ensemble de l’année 2025.
 
Mitsubishi lancera un troisième modèle à la fin de cette année, le Grandis (autre appellation traditionnelle Mitsubishi) qui n’est autre qu’un Renault Symbioz rebadgé, mais ce modèle ne permettra pas d’atteindre ni le volume de ventes espéré par le constructeur ni le volume de ventes de Mitsubishi des années 2000-2020.
Iveco passe sous contrôle de l’indien Tata Motors
La marque Iveco faisait partie du groupe Fiat jusqu’en 2011 en tant que filiale de Fiat Industrial. En 2013, Fiat Industrial a fusionné avec CNH Global pour former le groupe CNH Industrial. En 2022, Iveco est devenu un groupe autonome sous le nom Iveco Group. En 2025, Iveco Group qui fabrique toujours des poids-lourds, des bus et des utilitaires Daily de plus de 2 tonnes partage depuis cette année avec Stellantis certains utilitaires légers des segments N1-2 et N1-3.
 
Aujourd’hui, on apprend que la marque Iveco (hors activité Défense) va passer sous le contrôle de l’indien Tata Motors (propriétaire des marques Jaguar et Land Rover) qui est déjà un gros producteur de poids-lourds en Inde (sous la marque Tata) plus de 300 000 unités annuelles). De son côté, Iveco a produit l’an dernier 120 000 véhicules dont environ 60 000 Daily et 60 000 poids-lourds et bus.
 
Le secteur du poids-lourds est en pleine consolidation après la séparation de la branche poids-lourds de Daimler d’avec Mercedes, de la fusion de Scania et MAN au sein de l’entité Traton (sous contrôle Volkswagen) ainsi que de la fusion récente de Fuso et de Hino. 
 
Le but de Tata Motors est de créer – après ce rachat – un leader mondial des véhicules utilitaires de même importance que les groupes Daimler Trucks, Volvo Trucks ou Traton.
 
Le groupe créé par Tata Motors pourrait en effet vendre plus de 450 000 véhicules par an dans le monde, avec une forte assise en Inde grâce à la marque Tata et une assise européenne grâce à la marque Iveco. La famille Agnelli, propriétaire d’une partie de Stellantis et de la totalité de Ferrari, s’est séparée de la marque Iveco pour 3,8 milliards d’euros (+1,7 milliard d’euros pour la partie Defense vendue à l’entreprise italienne Leonardo).
Volvo va construire une usine d’assemblage en Slovaquie
La Slovaquie est sans doute le pays européen qui possède aujourd’hui le plus d’usines d’assemblage (Bratislava, Nitra, Trnava, Zilina) par rapport au volume de sa population (5,5 millions d’habitants). Une cinquième usine est en train d’être construite, d’une capacité de production de 250 000 véhicules par an, il s’agit de l’usine Volvo de Košice qui fabriquera à partir de 2028 les futurs modèles 100% électriques Volvo EX60 et Polestar 7 (Polestar étant une filiale de Volvo qui produit ses propres véhicules en Chine et aux Etats-Unis).
 
La Volvo EX60 sera la version 100% électrique du futur SUV XC60 (segment D) attendu en 2026. Elle complètera la gamme EX de Volvo, composée aujourd’hui des  EX30, EX40 et EX90. Elle reposera sur la nouvelle plateforme SPA3 qui intégrera des technologies avancées comme le système de conduite assistée.
 
La Polestar 7, premier véhicule électrique Polestar produit en Europe, sera un SUV dérivé de la Volvo EX60 et donc partagera la plateforme SPA3, ses batteries et ses moteurs avec le SUV EX60. Nul doute que produire ce modèle en Europe y renforcera la présence et la notoriété de la marque Polestar.
 
Actuellement, la gamme Polestar est composée des Polestar 2 (berline de segment D), Polestar 3 (SUV de segment E) et Polestar 4 (SUV de segment E), toutes à  motorisation 100% électrique. Une berline Polestar 5 (berline de segment E) est prévue pour l’automne 2025. Le SUV Polestar 7 (SUV de segment D) devrait être lancé en 2026, avec un transfert d’une partie de la production de Chine vers la Slovaquie en 2028.
Les Joint-venture ne représentent plus que 1/3 de la production chinoise
L’évolution du volume de production des voitures particulières en Chine (qui a vraiment démarré au début des années 2000) s’est faite à partir de deux processus bien distincts, le premier en laissant le champ libre aux marques chinoises de fabriquer leurs propres véhicules en copiant parfois les productions étrangères et cela seulement jusque dans les années 2010 où les constructeurs chinois se sentaient désormais capables d’innover sur beaucoup de points, dont le design (qui était le point le plus visible de la copie), et le second qui consistait simplement à demander aux constructeurs chinois de fabriquer sous licence des automobiles étrangères (européennes, japonaises, coréennes, américaines), via des joint-venture, ce qui pouvait permettre à ces constructeurs chinois non seulement de produire des automobiles en grand nombre – en fonction d’une demande chinoise importante – mais aussi d’accéder à des technologies avancées en matière de motorisation, sécurité, design et électronique embarquée. En travaillant aux côtés d’ingénieurs et de designers étrangers, les équipes locales ont acquis des savoir-faire techniques et managériaux qui ont accéléré leur professionnalisation. Produire sous licence a obligé les constructeurs chinois à respecter des normes internationales de qualité, ce qui a amélioré leur réputation et leur compétitivité. Une fois les compétences acquises, les marques chinoises ont pu développer leurs propres modèles et les exporter, devenant aujourd’hui les premiers exportateurs mondiaux de véhicules. Mais ce qui s’est passé en Chine n’est pas nouveau, puisque le Japon puis la Corée avaient procédé de la même manière.
 
Les deux stratégies ont permis une progression parallèle du volume de production automobile chinoise jusqu’en 2020, date de la crise du Covid. A partir de cette date, impactée par l’électrification des véhicules décidée par le gouvernement chinois, la production des JV a commencé à décliner alors que la production des marques chinoises a progressé de manière spectaculaire, si bien qu’en 2024, sur 27,5 millions de voitures produites en Chine, 18 millions sont produites par les marques chinoises et 9,5 millions par les JV. Et l’écart va continuer à croître.
 
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