Stellantis va augmenter ses capacités de production en Algérie

Le groupe Stellantis dispose actuellement de deux usines d’assemblage en Afrique du Nord, dont la première a été inaugurée au Maroc (Kenitra) en juin 2019 et la seconde a été inaugurée en Algérie (Tafraoui) en décembre 2023.

 
a) Usine de Kenitra

L’usine de Kenitra fabrique les Peugeot 208 destinée au marché local et au marché européen ainsi que les quadricycles Citroën Ami, Fiat Topolino et Opel Rocks. Un véhicule Fiat de segment B/C nommé Grizzly devrait être ajouté sur ce site au second semestre 2026.
L’usine de Kenitra a produit 174 000 véhicules Peugeot en 2025, sans compter les voiturettes Citroën Ami, Fiat Topolino et Opel Rocks.

 
b) Usine de  Tafraoui
• L’usine de Tafraoui a produit 18 000 véhicules Fiat en 2024 et 53 000 en 2025. Stellantis annonce un objectif de 90 000 véhicules produits en 2026 sur ce site et 135 000 en 2028, ce qui nécessitera une augmentation des capacités de production de l’usine avec d’ailleurs davantage d’intégration locale.
• L’usine de Tafraoui fabrique des modèles Fiat, comme le Doblo (40 000 unités produites en 2025) et la 500 (10 000 unités produites en 2025) auxquelles s’ajoute depuis la fin 2025 la Grande Panda (3 000 unités produites en 2025).
• Ce site Stellantis de Tafraoui est en train de se substituer finalement au site Renault d’Oran qui semble toujours à l’arrêt. Alors que le site d’Oran était calibré pour 75 000 véhicules produits par an, le site de Tafraoui sera bientôt calibré pour un volume deux fois supérieur, preuve que Stellantis croit vraiment au développement du marché algérien, étant donné que les véhicules fabriqués sur le site de Tafraoui sont principalement écoulés localement. Produire localement, intégrer des fournisseurs locaux et former des équipes sur place, c’est la preuve d’un ancrage industriel durable et non d’une opération d’assemblage temporaire.
L’usine Stellantis de Rennes va produire des véhicules Dongfeng
L’usine Stellantis de Rennes (Ile-et-Vilaine) a été au départ une usine Citroën créée pour produire la Citroën Ami 6 à partir de  1961. Cette usine avait permis de compléter à l’époque l’outil industriel français de la marque, composé principalement de l’usine du Quai de Javel située à Paris qui produisait le haut de gamme de Citroën (ID/DS/SM) et l’usine de Levallois qui produisait le bas de gamme de la marque (2CV). Citroën disposait d’une troisième usine, celle de Panhard située à la Porte d’Ivry, pour y assembler ses fourgonnettes 2CV. En 1961, l’Ami 6 représentait le milieu de gamme de Citroën, située entre les 2CV et les ID/DS.
 
Après l’Ami 6 puis l’Ami 8, cette usine fabriqua traditionnellement le milieu de gamme de la marque, comme les GS et GSA, puis BX Xantia et C5. Aujourd’hui, l’usine de Rennes appartenant au groupe Stellantis depuis 2021, produit le SUV C5 Aircross, mais les volumes fabriqués ne dépassent les 50 000 unités par an ni en 2024 ni en 2025, alors que cette usine produisait encore 103 000 véhicules en 2020, 156 000 en 2019 et même 340 000 en 2005.
 
L’usine de Rennes est l’une des nombreuses usines Stellantis qui pâtit d’importantes surcapacités et fait donc partie des quatre usines du groupe aptes à recevoir un constructeur chinois (selon le vœu de la direction de Stellantis) afin d’y fabriquer un ou plusieurs véhicules commercialisés en Europe, les trois autres usines dans ce cas étant celles de Villaverde (Espagne), Eisenach (Allemagne) et Cassino (Italie). Dongfeng est d’accord pour fabriquer sur le site Stellantis de Rennes l’un de ses véhicules de marque Voyah (filiale luxe de Dongfeng).
Stellantis va réduire ses capacités de production de 800 000 véhicules par an en Europe
La direction du groupe Stellantis a annoncé sa stratégie 2026-2030 lors d’une conférence de presse le jeudi 21 mai 2026. Le constructeur compte réduire ses capacités de production européennes de 800 000 véhicules par an d’ici 2030 (soit 15% de ses capacités de production européenne) et pourrait céder ou partager quatre de ses usines européennes actuellement en fortes surcapacités, comme Rennes (France), Cassino (Italie), Villaverde (Espagne) et Eisenach (Allemagne).
 
Le constructeur compte notamment sur ses partenaires  chinois Leapmotor et Dongfeng pour saturer certaines de ses usines, comme celles de Rennes (avec l’aide de Dongfeng) et de Villaverde (avec l’aide de Leapmotor).
 
On sait déjà depuis l’an dernier que Stellantis pourrait saturer une autre usine, celle de Saragosse (Espagne), grâce à l’aide de Leapmotor qui y produirait plusieurs de ses modèles.
 
La direction de Stellantis a indiqué également que les futurs investissements iraient prioritairement vers les quatre marques qui réalisent les plus gros volumes de ventes au sein du groupe, c’est-à-dire Peugeot, Fiat, Jeep et Ram.
 
Les dix autres marques qui bénéficieront de moins d’investissements seront limitées à une région donnée. Enfin, les marques à petit volume comme DS et Lancia, vont passer sous le contrôle direct des marques Citroën et Fiat respectivement, ce qui signifie qu’elles vont perdre leur indépendance en raison de ventes jugées trop faibles.
 
Le cas Maserati reste en suspens car BYD pourrait faire une offre dès cette année pour acquérir cette marque de luxe.
L’usine Stellantis de Poissy arrêtera l’assemblage de véhicules en 2028
Le groupe Stellantis a annoncé qu’il mettra fin en 2028 à l’activité d’assemblage automobile sur le site industriel de Poissy (Yvelines), au moment de l’arrêt de la production des DS 3 et Opel Mokka qui sont actuellement fabriquées dans cette usine. L’usine d’assemblage de Poissy était la dernière encore en activité en région parisienne, après l’arrêt d’activité des usines de Boulogne-Billancourt (Renault), Quai de Javel (Citroën), Levallois (Citroën), Aulnay sous Bois (Citroën) et Flins (Renault).
 
L’usine de Poissy avait été construite en 1938-1939 par le constructeur américain Ford, mais la guerre de 1939-1945 empêcha cette usine de démarrer son activité d’assemblage qui commença en 1946. La Ford Vedette lancée fin 1948 fut fabriquée dans cette usine.
 
L’usine de Poissy fut vendue à SIMCA en 1954 qui l’agrandit pour y fabriquer les Aronde. SIMCA passa sous le contrôle de l’américain Chrysler (alors troisième constructeur mondial) en 1958. L’usine de Poissy fut une nouvelle agrandie pour y recevoir l’ensemble de la gamme SIMCA. Elle pouvait produire jusqu’à 500 000 véhicules par an au début des années 70.
 
Passée sous le contrôle de PSA en 1978, l’usine de Poissy abandonna la fabrication des SIMCA puis des Talbot (héritières des SIMCA) pour y fabriquer des Peugeot et des Citroën. Le volume de production déclina fortement dans les années 2000 pour atteindre 329 000 unités en 2005, puis 197 000 unités en 2010 et seulement 80 000 en 2025.
 
La dernière usine d’assemblage située en région parisienne cessera donc toute activité d’assemblage en 2028, cet arrêt étant inclus dans le plan de Stellantis qui compte réduire fortement ses capacités de production en Europe. Celles de Poissy étaient estimées à 150 000 véhicules par an depuis 2017.
Le marché turc a beaucoup progressé ces trois dernières années
Les ventes de véhicules légers ont beaucoup progressé ces dernières années en Turquie puisqu’elles sont passées de 783 000 voitures particulières et véhicules utilitaires légers en 2022 à 1 233 600 en 2023, 1 238 500 en 2024 et 1 368 400 en 2025. Elles ont presque doublé entre 2021 et 2025. D’après différentes sources officielles, cette forte progression (le marché turc n’avait jamais atteint le million d’unités avant 2020) est due principalement à une reprise économique progressive après la crise de Covid de 2020 et une amélioration des revenus des ménages qui a facilité un effet de rattrapage après les médiocres années 2018 à 2022 où le marché turc s’était effondré à 600 000 unités (en 2018) et même 400 000 unités (en 2019) avant de remonter et se stabiliser à 800 000 unités (en 2020-2022).
 
Malgré ce rattrapage, précisons que la Turquie demeure sous-motorisée par rapport aux pays européens, puisque ce pays qui est aussi peuplé que l’Allemagne est encore loin d’atteindre le volume du marché allemand (3 123 000 unités en 2025). Le volume du marché turc représente en 2025 moins de la moitié de celui de l’Allemagne, à population égale.
 
Toutefois, on note que les politiques publiques très volontaristes en Turquie ces dernières années ont encouragé la clientèle locale à acquérir des véhicules à motorisation 100% électrique malgré le prix élevé de ce type de véhicules. Ces politiques volontaristes ont favorisé la forte progression des ventes de BEV en Turquie, qui ont représenté 17,7% de part de marché en 2025, contre 10,7% en 2024 et 7,5% en 2023, avec l’émergence d’un acteur local (Togg) soutenu fortement par le gouvernement. En 2026, les BEV continuent de progresser sur le marché turc, avec une part de marché de 18,2% enregistrée au premier trimestre.
 
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