Les ventes de voitures chinoises ont atteint 208 000 unités en Europe sur les 4 premiers mois de 2025
Malgré la hausse des taxes européennes appliquées sur les voitures chinoises 100% électriques, les ventes de voitures chinoises thermiques et électrifiés (BEV, PHEV, HEV) en Europe (30 pays = UE + Royaume-Uni + Suisse + Norvège) ont continué à augmenter en 2025, puisque l’on dénombre 208 000 unités sur les quatre premiers mois de 2025, contre 115 000 sur les quatre premiers mois de 2024, ce qui représente une augmentation de plus de 80% sur la période. A ce rythme, les ventes de voitures chinoises en Europe (sans compter les voitures européennes importées de Chine) pourraient représenter entre 600 000 et 700 000 unités sur l’ensemble de l’année 2025, contre 417 000 en 2024, 368 000 en 2023, 200 000 en 2022, 82 000 en 2021 et 36 000 en 2020. Rappelons que certains modèles chinois sortent désormais d’usines situées en Europe (Espagne, Italie) mais encore en faible proportion.
 
Les ventes de voitures chinoises 100% électriques (BEV) ont augmenté de 40% sur les quatre premiers mois de 2025, par rapport aux quatre premiers mois de 2024. Ce sont les voitures hybrides non rechargeables (F-HEV) et hybrides rechargeables (PHEV) qui ont vu leurs ventes augmenter le plus, mais leur volume de ventes cumulé représente moins que le volume de ventes des voitures 100% électriques (BEV) : 66 305 unités contre 68 236 sur les quatre premiers mois de 2025. Les voitures chinoises thermiques (incluant MHEV) représentent la plus grosse part des ventes de voitures chinoises en 2025, avec 74 505 unités, en hausse de 24% sur 2024.
 
Globalement, les ventes de voitures chinoises en Europe se répartissent en trois parties relativement comparables : d’une part, les voitures thermiques, d’autre part les voitures 100% électriques et enfin les voitures hybrides (rechargeables ou non rechargeables).
Smart élargit sa gamme 100% électrique avec le SUV #5
La marque Smart – propriété de Mercedes en totalité jusqu’en 2023 – qui avait fabriqué et commercialisé la petite citadine Fortwo (segment A, 75 000 ventes par an en moyenne) de 1998 à 2024 sous deux carrosseries successives (la première longue de 2,50 m et la seconde longue de 2,70 m) et la Forfour (segment A, 30 000 ventes par an en moyenne) de 2004 à 2021 sous deux carrosseries successives (la première longue de 3,75 m et la seconde longue de 3,50 m).
 
Depuis 2023, Smart a évolué vers la fabrication et à la commercialisation de voitures plus chères et donc plus rémunératrices, plus imposantes et 100% électriques, produites en Chine dans une usine Geely, constructeur chinois qui est devenu par la même occasion détenteur de 50% du capital de la marque Smart au même titre que Mercedes qui en détient également 50%.
 
Après le lancement de la Smart #1 électrique de 4,27 m de long (segment B) puis de la Smart #3 électrique de 4,40 m de long (segment C), voici donc la Smart #5 encore plus imposante puisqu’elle mesure 4,69 m de long (segment D). Les trois modèles sont basés sur la même plateforme qu’ils partagent avec certains modèles Volvo et d’autres modèles de différentes marques du groupe Geely, comme Lynk&Co par exemple.
 
La Smart #5 est un SUV 100% électrique de catégorie moyenne concurrent des Ford Explorer EV, Skoda Enyaq EV ou Renault Scénic EV. Le design est signé Mercedes et rappelle certains SUV du constructeur allemand. La Smart #5 a l’avantage de disposer de deux plateformes au choix, l’une de 400V déjà utilisée sur les #1 et #3, l’autre de 800V qui est totalement nouvelle. Le moteur électrique délivre 340 ch (254 kW) associé à une batterie LFP de 74,4 kWh (autonomie : 465 km) ou à une batterie NMC de 94 kWh (autonomie : 590 km). Le poids de la voiture atteint de 2 200 kg à 2 370 kg selon la version.
BYD va commercialiser et produire la Dolphin Surf (Seagull) en Europe
Comme on l’a vu récemment dans notre Auto Analyse n°10, BYD est devenu en peu de temps le premier constructeur chinois (toutes motorisations confondues), devançant même les anciens leaders de la production en Chine, comme le groupe Volkswagen (associé à SAIC et FAW) et GM (associé à SAIC). BYD a profité de l’électrification du parc automobile chinois, en proposant des véhicules 100% électriques (BEV) et hybrides rechargeables (PHEV) à parts à peu près égales. Aujourd’hui, la gamme BYD se compose d’une vingtaine de modèles différents, dont le modèle d’entrée de gamme est la berline Seagull (segment B) 100% électrique qui rencontre un franc succès en Chine, puisqu’il s’en est produit 479 294 unités en 2024 contre 281 838 en 2023. Le modèle y est fabriqué sur les sites de Xi’an (Shaanxi) et Changzhou (Jiangsu).
 
BYD a annoncé qu’il allait produire et commercialiser ce modèle en Europe dès cette année, à un prix proche de 20 000 euros, alors même que sa version de base est commercialisée en Chine à 56 800 yuans, soit moins de 7 000 Euros. Toutefois, le prix de 20 000 Euros est en Europe plutôt un tarif du segment inférieur (segment A). La Seagull 100% électrique adaptée au marché européen et fabriquée dans l’usine BYD de Szeged en Hongrie, est rebaptisée Dolphin Surf (il existe déjà un modèle Dolphin de segment C 100% électrique dans la gamme BYD, ce qui peut créer une confusion). En Amérique latine, le même modèle s’appelle Dolphin Mini et est importé de Chine.
 
La BYD Dolphin Surf longue de 3,99 m entrera en concurrence avec les citadines 100% électriques les moins chères vendues en Europe comme la Leapmotor T03, la Dacia Spring, la Renault Twingo E-Tech ou la Volkswagen ID1, toutes de segment A. Sa batterie LFP offre une capacité de 45 kWh autorisant une autonomie de 340 km selon le cycle WLTP, alors que la Seagull chinoise est dotée de batteries LFP moins puissantes, de 30 kWh et 43 kWh autorisant une autonomie de 220 km et 320 km.
L’activité du site Ford de Cologne semble sérieusement compromise
Suite à la directive de la Commission européenne concernant  l’arrêt de la commercialisation des véhicules neufs thermiques en 2035 en Europe, le site Ford de Cologne (Allemagne) s’est reconverti en 2024 de la fabrication de véhicules thermiques (Ford Fiesta) à la fabrication de véhicules 100% électriques (Ford Explorer, Ford Capri).
 
Mais le rythme de production n’est pas le même que du temps de la Fiesta. Pour 2024, Inovev estime à 20 000 unités le volume de production de l’usine de Cologne, contre 140 000 véhicules en 2020 ou 239 000 en 2019. Ces 20 000 unités correspondent au début de production des Ford Explorer et Ford Capri. Pour 2025, ce volume pourrait représenter de 40 000 à 50 000 unités selon Inovev, en fonction des 10 500 unités déjà immatriculées entre le 1er janvier et le 31 mars. Cela représente le cinquième des objectifs du constructeur qui étaient de 250 000 véhicules par an, et la moitié des prévisions Inovev (voir Auto Analyse 2024-19 du 9 septembre 2024) qui sont de 100 000 véhicules par an.
 
Il est évident que les modèles Explorer et Capri ne connaissent pas le succès escompté, notamment en raison de tarifs élevés (40 000 à 54 000 euros pour l’Explorer et 42 500 à 56 500 euros pour le Capri) qui ne correspondent en rien à ce que proposait Ford jusqu’alors dans le milieu de gamme.
 
Du coup, le site de Ford de Cologne semble véritablement menacé d’autant plus qu’aucun autre modèle n’est prévu dans cette usine, que la concurrence va s’accentuer et que Ford devient progressivement un petit constructeur en Europe dans le domaine des voitures particulières (3% du marché européen sur les 4 premiers mois 2025). Ford Europe pourrait quitter le marché européen des VP pour se concentrer sur le marché plus rentable des utilitaires légers (dont il détient 19% sur 4 mois 2025).
Inovev prévoit 20 000 unités par an de la nouvelle Nissan Micra EV
Nissan a dévoilé la sixième génération de la Micra qui devient une berline 100% électrique sans possibilité d’être dotée d’un moteur thermique ou hybride, sauf au Mexique où l’ancienne version thermique continuera à être produite. La nouvelle Micra 100% électrique est dérivée de la Renault 5 E-Tech, aux côtés de laquelle elle est produite (usine de Douai). Elle sera d’ailleurs uniquement produite en France, contrairement aux anciennes Micra.
 
La nouvelle Micra adopte la plateforme AmpR Small (ex-CMF-B EV) de la Renault 5 E-Tech ainsi qu’une bonne partie de sa carrosserie et de son intérieur, les modifications esthétiques dues au centre Nissan Design Europe en Angleterre étant concentrées sur les parties extérieures avant et arrière.
 
Du coup, la Micra qui mesure 3,97 m est plus longue que la R5 E-Tech de 5 cm, avec un empattement identique de 2,54 m. Les motorisations sont reprises de la Renault : une version 120 ch (88 kW) associée à une batterie NMC de 40 kWh autorisant une autonomie de 300 km selon le cycle WLTP et une version 150 ch (110 kW) associée à une batterie NMC de 52 kWh, autorisant une autonomie de 400 km selon le cycle WLTP. Le poids de la voiture (de 1 400 kg à 1 524 kg) est comparable à celui de la R5 E-Tech. Nissan envisagerait de lancer plus tard une version Nismo plus sportive, qui serait le pendant de l’Alpine A290.
 
La Micra sera vendue un peu plus cher que la R5 E-Tech, soit à partir de 29 000 euros (28 000 euros pour la R5 de base). Elle entrera en concurrence avec les Renault 5 E-Tech, Citroën e-C3, Peugeot e-208, Opel e-Corsa, Jeep Avenger, Mini Aceman, Fiat 600 e, Lancia Ypsilon et BYD Dolphin Surf. Inovev prévoit 20 000 ventes par an de la Nissan Micra EV.
 
Plateformes Inovev  >
Pas encore inscrit?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de Cookies et des Conditions Générales d'utilisation (CGU) du site Inovev (www.inovev.com)
Ok