Volvo envisagerait de produire davantage aux Etats-Unis
A la suite de l’annonce des futures taxes de 25% appliquées aux importations automobiles en provenance d’Europe, le constructeur Volvo (filiale du groupe Geely) a fait savoir qu’il envisageait de produire davantage dans son usine américaine de Ridgeville (South Carolina). Actuellement, cette usine fabrique les berlines S60 (segment D) ainsi que les SUV EX90 (segment E) et Polestar 3 (segment D), mais en quantités trop faibles pour remplir les capacités actuelles.
 
En 2024, cette usine a fabriqué 7 494 berlines S60, 8 590 SUV EX90 électrique et 3 911 Polestar 3 électrique, soit 19 995 véhicules au total, alors que la capacité du site a été fixée par le constructeur à 150 000 véhicules par an. Il y a donc largement de la place pour y fabriquer un nouveau modèle voire plusieurs, cette usine étant largement surdimensionnée par rapport à la demande, en raison notamment de la faible demande pour les véhicules électriques aux tarifs élevés.
 
D’un autre côté, Volvo a importé d’Europe 109 752 véhicules en 2024 sur les 125 243 vendus aux USA, dont les plus gros volumes de ventes ont été enregistrés par les SUV Volvo XC90 (39 492 unités), Volvo XC60 (38 892 unités) et Volvo XC40 (26 557 unités). 
 
On serait tenté de penser que ces trois modèles très demandés pourraient être fabriqués dans l’usine de Ridgeville pour le marché américain, en plus des modèles existants (S60, EX90, Polestar 3) et sans augmenter la capacité de production de l’usine, puisque l’ensemble de ces trois modèles représente entre 100 000 et 110 000 unités par an, auxquelles il faut rajouter entre 20 000 et 40 000 unités par an des S60, EX90 et Polestar 3, soit entre 120 000 et 150 000 unités par an au total.
Les berlines japonaises ont elles profité aux USA de l’arrêt des berlines américaines ?
On a vu récemment que les deux grands constructeurs américains GM et Ford avaient décidé de supprimer les berlines de leur gamme américaine, jugeant que ce marché de la berline était en déclin constant (alors qu’il avait été extrêmement important et même vital dans les années 50 et 60, jusqu’au milieu des années 70) et de moins en moins profitable, face à la croissance constante des ventes de SUV plus rémunérateurs. Alors que les breaks avaient été remplacés progressivement par les monospaces (MPV), les berlines ont été remplacées progressivement par les SUV (les SUV ayant même fini par se substituer aux monospaces).
 
Les constructeurs japonais qui occupent 37% du marché US en 2024 sont les concurrents les plus directs des groupes GM et Ford. Il est donc pertinent de savoir si l’arrêt des berlines américaines a bénéficié aux berlines japonaises. Lorsque l’on observe les courbes des ventes des berlines américaines et japonaises, on constate que le déclin de ce type de voitures a été général. Le nombre de berlines japonaises sur le marché US est passé de 3 millions d’unités par an en 2013-2014-2015-2016 à 1,5 million par an en 2020-2021-2022, en raison de la concurrence de plus en plus forte des SUV. Toutefois, contrairement aux berlines américaines, les berlines japonaises voient leurs ventes inverser la tendance en 2023, en augmentant de 350 000 unités, ce qui peut être la conséquence d’un transfert d’une partie de la clientèle des berlines américaines vers les berlines japonaises. La concurrence des berlines européennes n’est pas impactée car il s’agit de berlines Premium qui n’ont pas vraiment de concurrence chez GM et Ford, à part quelques modèles Cadillac et Lincoln très peu vendues. La concurrence des berlines coréennes est trop faible.
GM, Ford et Stellantis seraient très impactés par les taxes sur les imports Mexique-Canada
Les Etats-Unis importent chaque année environ 40% de véhicules sur leur marché automobile. C’est surtout du Mexique et du Canada que proviennent ces importations, les trois anciens grands constructeurs américains (GM, Ford, Chrysler) ayant fait le choix depuis plusieurs décennies de délocaliser une partie de leur production automobile vers ces deux pays, le Mexique offrant une main d’œuvre bon marché, le Canada permettant de désengorger la production autour de Detroit, ville d’ailleurs proche du Canada. Les constructeurs japonais implantés aux Etats-Unis ont très vite suivi le mouvement.
 
En 2024, sur 16 millions de véhicules neufs (voitures particulières et véhicules utilitaires légers) vendus aux Etats-Unis, 6,4 millions provenaient de l’extérieur du pays, dont 2,36 millions du Mexique, 1,16 million du Canada, 1,07 million de Corée du Sud, 900 000 du Japon et 900 000 d’Europe. Ces 6,4 millions de véhicules devraient donc subir des taxes supplémentaire de 25% de la part de l’administration Trump.
 
Les constructeurs qui importent le plus aux USA sont les groupes Toyota (1,09 million d’unités en 2024), GM (1,05 million), Hyundai-Kia (0,87 million), Volkswagen (0,53 million), Honda (0,44 million) et Stellantis (0,41 million).
 
Mais ceux qui importent le plus du Mexique et du Canada sont les groupes Toyota (0,75 million d’unités), GM (0,69 million), Honda (0,44 million), Ford (0,37 million) et Stellantis (0,37 million).
 
Au total, 1,4 million de véhicules GM, Ford et Stellantis provenant du Mexique et du Canada seraient impactés par les taxes de 25% sur les imports, sans compter 1,6 million de véhicules des constructeurs japonais provenant de ces deux pays. Le souhait de l’administration Trump serait bien sûr de relocaliser aux Etats-Unis ces 3 millions de véhicules, ce qui ne pourrait se faire dans l’urgence et à condition que les constructeurs acceptent de le faire, ce qui entraînerait des baisses de capacités ou même fermetures d’usines au Mexique et au Canada.
Les constructeurs japonais incités à davantage produire aux USA
Les constructeurs japonais, même s’ils produisent beaucoup aux Etats-Unis (3,36 millions de véhicules produits en 2024, représentant 35% de la production totale réalisée dans le pays), importent encore beaucoup depuis l’étranger. Ils y ont en effet importé 2,51 millions de véhicules en 2024 dont 900 000 du Japon, 845 000 du Canada et 765 000 du Mexique. L’annonce de taxes de 25% sur les importations d’automobiles en provenance de l’étranger pourrait donc impacter ces 2,51 millions de véhicules.
 
Par constructeur:
• Toyota qui dispose déjà de six usines aux Etats-Unis, serait toutefois le plus impacté, avec 1,08 million de véhicules importés en 2024 du Canada (553 189 unités), du Mexique (192 813 unités) et du Japon (339 217 unités).
• Honda qui dispose de quatre usines aux Etats-Unis, importe de son côté 443 185 véhicules l’an dernier dont 291 712 du Canada et 151 473 du Mexique.
• Mazda qui n’a pas d’usine aux Etats-Unis, importe 342 941 véhicules dont 207 546 du japon et 135 395 du Mexique.
• Nissan qui dispose de deux usines aux Etats-Unis, importe 326 124 véhicules dont 287 051 du Mexique et 39 073 du Japon.
• Subaru qui dispose d’une seule usine aux Etats-Unis, importe 209 900 véhicules du Japon.
• Enfin, Mitsubishi qui ne dispose plus d’usine aux Etats-Unis, importe 102 856 véhicules du Japon.
 
Si les constructeurs japonais voulaient transférer une partie de leur production aux Etats-Unis (Mazda et Mitsubishi ne le pouvant pas), il faudrait qu’ils augmentent les capacités de leurs usines US ou en construire de nouvelles.
Auto Shangai 2025: Lynk&Co cherche un second souffle en Europe
La marque chinoise Lynk&Co (une des nombreuses marques du groupe Geely) est distribuée en Europe depuis 2021. A son lancement, elle avait misé pour ce marché sur un processus d’achat non conventionnel, puisqu’il s’agissait d’un système d’abonnement sans engagement appliqué sur Internet et accrédité sur son seul modèle commercialisé en Europe, le SUV Lynk&Co 01, ce modèle étant basé sur le Volvo XC40 hybride rechargeable (Volvo est également une marque du groupe Geely).
 
La formule a marché pendant deux ans mais a périclité depuis 2023. Si en Chine, les ventes ont tendance à augmenter, suivant la croissance du marché automobile chinois et un système de distribution plus classique, en Europe les ventes sont au plus bas depuis 2023. Il faut ajouter qu’un seul modèle est disponible sur un nombre limité de marchés européens (Belgique, Allemagne, Espagne, France, Pays-Bas, Italie et Suède) et neuf modèles différents sur le marché chinois. L’absence d’un réseau n’a pas joué en faveur de la formule en Europe. Aujourd’hui, la marque fait marche arrière et revient à un système plus classique de distributeurs et d’achats (comptant ou en LLD). Une trentaine de distributeurs est prévue en 2025 pour l’Europe dont une dizaine en France.
 
C’est dans ce contexte que Lynk&Co lance la 02, un SUV compact basé sur les Volvo EX30 et Smart #3. En réalité, ce modèle est connu depuis quelques mois en Chine sous l’appellation Lynk&Co Z20. Il s’agit d’un SUV 100% électrique à propulsion de 4,46 m de long, soit 22 cm de plus que son cousin Volvo EX30 qui fait partie du segment B et 3 cm de plus que le Volvo EX40 qui fait partie du segment C. On peut donc classer la Lynk&Co 02 dans le segment C.
 
Son moteur électrique développe 272 ch (200 kW) couplé à une batterie NMC de 69 kWh. Son prix : 40 000 euros.
 
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