Renault et Geely collaborent au Brésil
Le groupe Renault cherche à renforcer sa présence hors d’Europe, surtout après la volonté d’indépendance clairement affichée de l’ancien partenaire Nissan, ce qui a eu pour conséquence une baisse de la participation de Renault dans Nissan. 
 
En 2024, et probablement en 2025, le groupe Renault réalise encore 69% de ses ventes mondiales en Europe. Son deuxième marché est l’Amérique du Sud (8% de ses ventes mondiales) à égalité avec la Turquie (8% de ses ventes mondiales), deux régions sur lesquelles Renault est solidement implanté en termes d’usines d’assemblage. Le reste du monde ne représente que 15% de ses ventes mondiales, avec une absence criante en Chine (le premier marché mondial) et aux Etats-Unis (le second marché mondial).
 
Pour renforcer sa présence hors d’Europe, Renault compte sur son nouvel allié, le chinois Geely, déjà propriétaire de Volvo Cars et actionnaire de Horse (filiale moteurs thermiques et hybrides de Renault).
 
Déjà, une collaboration a été mise en place en Corée du Sud, avec le lancement du Renault Grand Koleos basé sur un SUV Geely et produit dans l’usine coréenne de Renault. Cette fois, c’est au Brésil qu’une nouvelle collaboration entre les deux constructeurs vient d’être mise en place. Renault et Geely y ont conclu un partenariat stratégique visant à y produire des véhicules électriques et hybrides basés sur la plateforme GEA de Geely, avec un investissement de plus de 620 millions d’euros et une prise de participation de Geely dans Renault do Brasil de l’ordre de 25%. Geely aura accès à l’usine d’assemblage de Renault à Curitiba (Brésil). Les véhicules seront distribués via le réseau commercial de Renault do Brasil, qui compte environ 250 points de vente. L’alliance vise à relancer la compétitivité de Renault en Amérique du Sud tout en permettant à Geely de s’implanter solidement sur ce marché.
L’usine Seat Martorell de nouveau sur les rails
Contrairement à ce qui avait été annoncé par le groupe Volkswagen, la marque Seat ne sera pas supprimée à l’horizon 2030.
 
Initialement, le groupe Volkswagen avait envisagé de développer la marque Cupra, positionnée plus sport et plus cher que Seat, dans un objectif de faire de la marge plus que du volume, mais ce souhait a rencontré plusieurs obstacles.
 
Dans un environnement où le pouvoir d’achat des clients européens est limité et en stagnation, la demande de véhicules pas chers reste importante (au point que la Dacia Sandero a été la voiture la plus vendue en Europe en 2024).
 
L’usine de Martorell (Espagne) ne sera finalement pas utilisée pour produire la totalité des voitures électriques de segments A/B du groupe Volkswagen (ex-ID1, ex-ID2 et dérivés) puisque celle qui devait s’appeler ID1 sera produite au Portugal et celle qui devait s’appeler ID2 X sera produite à Pampelune (Espagne), ainsi que son dérivé Skoda.
 
Etant donné que les ventes de voitures électriques ne sont pas aussi élevées que ce qui était prévu initialement, le site de Martorell ne produira finalement pas autant de voitures que prévu. Il faudra donc une autre gamme de voitures capables d’apporter du volume à cette usine, d’autant plus que l’Audi A1 qui y est produite devrait cesser sa production l’an prochain.
 
Il était difficile pour le groupe Volkswagen de remplacer les petites Seat Arona et Ibiza par des modèles Cupra de mêmes dimensions, la marque Cupra étant plutôt située dans le haut de gamme et dans une orientation sportive, ce qui ne convient pas ni à l’Arona ni à l’Ibiza. Conclusion : la marque Seat continuera d’exister au-delà de 2030, avec une gamme de véhicules économiques qui pourrait se rapprocher de la philosophie de Dacia.
Smart a vu ses ventes en Europe divisées par deux en 2025
Contrairement aux prévisions de Mercedes et de Geely, les ventes de la marque Smart (appartenant à 50% à Mercedes et 50% à Geely), sont aujourd’hui beaucoup plus faibles que lorsque cette marque proposait uniquement la Fortwo sur les marchés européens. Elles sont aussi beaucoup plus faibles que les objectifs fixés par les deux constructeurs (250 000 ventes par an).
 
Les trois récents modèles Smart #1, #3, #5 ne parviennent pas à s’imposer ni sur le marché européen ni sur le marché chinois. En 2025, leurs ventes ne parviennent pas à décoller en Chine (32 948 unités sur les 9 premiers mois de 2025 contre 33 619 sur les 9 premiers mois de 2024) et leurs ventes ont même été divisées par deux en Europe (9 130 unités sur les 9 premiers mois de 2025 contre 19 889 sur les 9 premiers mois de 2024).
 
Mercedes et Geely ont convenu d’un même accord que le projet de lancer de nouvelles Smart électriques de segments supérieurs n’a pas tenu ses promesses et que le lancement d’un modèle moins cher, comme la remplaçante de la Fortwo électrique (#2) demeure crucial pour l’avenir de la marque.
 
Du coup, Mercedes a du changer ses plans concernant le remplacement de la Mercedes Classe A par une Smart #4 de dimensions équivalentes. Le constructeur allemand a décidé de remplacer sa Classe A par une nouvelle Mercedes Classe A (sans doute en 2028) car une Smart #4 aurait eu un potentiel de ventes moins important qu’une nouvelle Mercedes Classe A. La marque n’abandonne donc pas le segment C contrairement à ce qu’elle avait annoncé il y a quelques mois.
Inovev prévoit autour de 75 000 Renault Twingo E-Tech vendues en 2030
Renault a présenté la nouvelle Twingo E-Tech 100% électrique (segment A) qui sera commercialisée à partir du printemps 2026. Elle reste assez proche du concept présenté l’année dernière mais dispose de cinq portes, comme la dernière Twingo commercialisée de 2014 à 2024. Le style monocorps du nouveau modèle évoque celui de la première mouture présentée en 1992 (mais qui ne comportait elle que trois portes). Longue de 3,79 m, large de 1,72 m et haute de 1,49 m, la Twingo E-Tech a été conçue en interne (et non plus avec l’aide de Mercedes, comme la précédente génération) à la fois en Europe et en Chine. Le principal avantage de la Twingo E-Tech par rapport aux Renault 4 E-Tech et Renault 5 E-Tech est qu’elle s’adressera à une clientèle recherchant une voiture électrique moins chère (moins de 20 000 euros).
 
En fonction de son prix bas, la Twingo E-Tech se veut comme une citadine économique, d’où un moteur électrique de 82 ch seulement couplé à une batterie de 27,5 kWh autorisant une autonomie limitée à 263 km dans le meilleur des cas. Ce modèle n’est pas encore la E-Car souhaitée par la Commission européenne car elle est plus chère de 5 000 euros, mais demeure aujourd’hui l’un des modèles électriques les moins chers du marché, la Dacia Spring étant toutefois encore moins chère (17 000 euros).
 
La Renault Twingo E-Tech devrait donner naissance à une future Dacia de mêmes dimensions et également à une future Nissan. Ces trois véhicules seront produits dans la même usine, celle de Novo Mesto en Slovénie. Inovev prévoit 76 000 Twingo vendues en 2030, plus 46 000 Dacia et 28 000 Nissan dérivées, soit 150 000 voitures au total.
L’ Ineos Grenadier se vend beaucoup moins que prévu
Le constructeur automobile britannique Ineos qui a repris l’usine Mercedes de Hambach (France) en 2023 (produisant des modèles Smart), connaît aujourd’hui des difficultés car son modèle Grenadier à moteur thermique (un six cylindres BMW essence ou diesel) inspiré de l’ancien Land Rover Defender, ne se vend pas autant que ce qui était prévu. Ineos annonçait vouloir produire 30 000 véhicules par an à Hambach, et en 2025, on n’atteindra même pas les 7 000 unités après les 7 500 unités produites en 2024.
 
En Europe, le véhicule est cher (plus de 75 000 euros sans compter un malus en France d’un montant équivalent) et doit se confronter aux SUV à moteur thermique américains, européens, japonais et coréens (pas encore les chinois) souvent plus modernes et moins chers. En réalité, le Grenadier cible avant tout le Mercedes Classe G qui dispose d’une clientèle fidèle (40 000 ventes en 2024 contre 7 500 Ineos Grenadier). Aux Etats-Unis, son premier marché mondial, l’Ineos Grenadier pâtit depuis peu de la surtaxe de 25% appliquée aux véhicules importés d’Europe et ses ventes ont chuté sur ce marché depuis août 2025.
 
Du coup, les ventes du constructeur qui avaient marqué un pic en juin et juillet 2025, à plus de 700 ventes par mois, sont retombées à moins de 600 unités par mois, et ce n’est pas le lancement du dérivé pick-up qui y a changé quelque chose.
 
En raison d’un malus extrêmement couteux en France, un seul Grenadier (toutes versions confondues)  a été vendu sur ce marché en 2025. Le constructeur a pris conscience de ce problème et compte lancer une version électrique avec ou sans prolongateur d’autonomie, appelée Fusilier, qui devrait voir le jour en 2026.
 
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